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Questions I’ll never dare to ask

Are you happy who’s the person you like the most do you want to get closer to anyone do you want to die how do you feel right now how tired are you who are you closest to do you have anyone you can talk to do you dissociate from you life what would it takes for you to love yourself do you have a tattoo you regret getting what would you write on my arm what living creature’s heart would you eat raw what was the last dream you made who was the last person you dreamt of have you ever dreamed of me do you want people to be honest with you when was the last time you lied would you die for anyone who’s keeping you alive how much do you want to get drunk right now how much do you hate yourself what are you thinking about what can’t you help thinking about what do you want to forget what do you do to forget am I more than just someone you know when was the last time someone looked into your eyes when was the last time someone looked into your eyes and knew what do you think of me what do you need the most who are you how has time changed you when was the first time you got into depression do you believe everyone goes through one would you kill me if I asked you to how is the world going to end will you be okay

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Maintenant, je m’encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être un poète, et je travaille à me rendre Voyant : vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète.

Rimbaud dans ses Lettres dites du voyant, lettre à Georges Izambard (mai 1871)

Dérèglement de tous les sens ? Est-ce que se bourrer de café jusqu’à la tachycardie et consommer du sucre juste pour éviter l’évanouissement compte ?

Rimbaud se retourne dans sa tombe à cause de la comparaison. Ternir l’offense en lui disant que je me sais non-poète. Le café et le jeûne c’est une lâcheté ridicule. Jouer à voir combien je peux tenir comme ça.

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Tes nerfs lâchent

Beaucoup de bruit-pour-rien dehors. L’Autre dans tes bras, la fenêtre est ouverte. Les murs sont trop sombres. Laisser mûrir, pas eu le temps, ils saignent rouges la lumière artificielle. Bleu heurté, un nuage, un chat joue à faire l’oiseau sur une branche -comme elle/lui – et puis un gosse à bicyclette. Tes yeux tombent à terre. Son tintement : « Excuse-moi, je faisais pas attention », tu les ramasses, tu goûtes à l’acide. Vagues, l’Autre a brûlé tes nerfs. Par ricochets.

Ce sont tes oreilles que tu voudrais abandonner à présent, ta langue. Il pleut peut-être, tu t’en fous : entre sa peau et l’odeur de terre mouillée tu ne sais plus. Un escargot sort de ta bouche, tu crois, il t’a semblé que mais tu ne sais plus rien recroquevillé comme tu l’es : comme une bête blanche dans le ventre de sa mère.

Les draps humides comme une autre terre que l’Autre aurait foulée, vous avez fermé les volets, tu as fermé les yeux, ta chambre tangue. Tu as peur, tu n’avais jamais eu quoi que ce soit à perdre, Avant. Tu as fracassé ton téléphone avec un vieux dictionnaire que Google avait mis au chômage. Tous, toi aussi, vous allez perdre vos boulots (c’est ce qu’ils disent à la télé), tu engloutiras des biscuits à la place, tes coudes t’ont percé le ventre, ils ressortiront. Tu recommenceras. Ce n’est pas plus mal.

Ton lit bouge, tu es troué de partout. La vie insiste : elle est amoureuse tu comprends ? La vie est un mauvais amant. Tu gémis tandis que ta chair s’enlace au-delà des gouffres, des fibres de muscles, des ponts de nerfs qui recousent tendrement ce que tu déchiras pour l’Autre, l’Autre ne se salis pas les mains, l’Autre n’a plus de mains à salir tant elles sont partout.

Tu te souviens et tu nies tes vies antérieures, espérant faire taire leurs échos dans ton crâne. Tes blessures sont trop anciennes, tes craintes la moelle de tes os, tout a déjà été fait et c’est bien cela le désastre : Cette nausée qui te reviens d’un temps plus vieux que ta mémoire. Tu es cet instant qui s’étire. Il n’y a pas d’Autre, rien d’autre que tes poumons qui te supplient de bailler, de te lever, d’embrasser la serrure qui est devenue ta seule ouverture au monde. Ça fait longtemps que tu as avalé les clés, ton cœur est grand offert.

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Tu n’invoqueras pas le Nom

Parce que ca ne devrait pas faire parti de moi, parce que je suis supposée être plus que. Mais je ne suis plus que rien du tout, je suis minuscule : elle trop loin, trop grande. Je veux prier la déesse et blasphémer et la hair de t’avoir mise sur ma route parce que c’est toi. Les mots qui ne coulent plus, ce corps que je hais, cette vie à laquelle je m’accroche, c’est toi. Toujours été toi, tu me bouffes, tu m’as toujours manqué, je ne m’en suis rendue compte que ce matin-là où je me suis réveillée : j’avais rêvé de toi – je rêve encore de toi – tu n’avais ni visage ni nom mais je savais et je ne voulais pas savoir alors j’ai fermé les yeux, j’ai espéré très fort, j’ai fait de mon mieux pour me rendormir. Et puis je me suis rendue à l’évidence, je ne me suis pas débattue, ca fait quelques années que je me laisse aller en cendres. Tu m’as condamnée à passer ma vie à te chercher dans d’autres, dans des bouquins, dans des paysages, dans d’autres, d’autres personnes, d’autres filles, d’autres « elle », dans d’autres échecs, d’autres caprices, d’autres désirs, dans les nouveaux mots que je ne trouve pas. Je te veux, je me veux entière.

Et la honte, elle ne me lâche pas, je ne veux pas qu’elle me lâche puisqu’elle me fait battre. La honte plantée par ces quelques lettres que je suis incapable de prononcer et encore moins d’écrire puisque

Je n’invoquerai pas le Nom du Seigneur Ma Déesse en vain

Évidemment.

Disclaimer : Je sais que ce n’est pas bon, j’essaye juste de recommencer à écrire. Je veux que ca revienne, je veux en être capable à nouveau, je veux créer parce que ca me manque même si je n’y arrive plus et même si je ne suis pas douée. Alors je suis désolée que ce texte ne me plaise pas et que je le publie quand même, mais il fallait que je fasse quelque chose. Et c’est fait. J’ai parlé. 

Lu « Le Corps Lesbien » de Wittig. Veux saturer des pages et des pages de « elle », de « celle » de la « mienne », de « je la veux », personne d’autre.

 

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I called you by your name, à nouveau

Bonjour.

J’ai accouru sur cette page parce que pour une fois, la première depuis ce qui m’a semblé être une éternité, les mots coulent. Les mots hurlent. Les mots me haïssent.

Et comment pourrait-il en être autrement ? Je lis à peine, je ressens peu, je me laisse aller. Se laisser aller, se laisser faire plutôt. Parce qu’il faut plaire au monde. Il faut plaire. Parce qu’il y a les médicaments que je ne peux pas arrêter d’un coup, que j’ai peur d’arrêter tout court.

Je n’écris plus de « poésie », ce qui prétend l’être (parce que je ne suis rien de plus qu’un être qui prétend, qui « tend à » plus qu’il ne fait semblant. Qui fait les deux. Parce que pourquoi pas ? Parce que le moule). Je ne fais plus de poésie parce que je ne pense plus. C’est simple, c’est tellement triste : je ne pense plus. Pas par moi-même, la honte m’étrangle.

Je lisais une lettre que Bram Stoker avait écrite à Whitman il y a quelques jours (une semaine ? Plus ? Le temps ne passe plus pareil), de jolis mots, un discours sur l’influence de la poésie, et vers la fin la phrase la plus simple qui soit : « I called you by your name », « je t’ai appelé par ton nom ». Avec toute l’exhaltation dont est capable un homme qui ressent, qui est gosse à nouveau. Parce que n’importe lequel d’entre nous, à 6 ans, aurait pu dire cette phrase-là et que nous sommes passés à côté. Parce que je recherche de grands mots pour les associer comme ils ne l’ont jamais été pour parler d’une émotion qui est un halo plus qu’une blessure. Parce que je suis lâche et que tout près il y a ces gens qui disent « I called you by your name » et qui versent en 5 mots ce que 20 pages auraient dit imparfaitement. I called you by your name! J’ai osé. I called you by your name, parce que j’ai transgressé cette limite que j’avais mise entre toi et moi. Parce que le nom de celui/de celle qu’on pourrait implorer glisse toujours au niveau de la gorge pour revenir au coeur. Nous le savions. Qu’en voyant le nom écrit on meurt presque : elle est bien plus que ça la muse, plus qu’une poignée de lettres que d’autres liront à peine pendant que vous tremblerez de honte. Ton nom c’est mon coeur qu’on dresse momentanément sur un pic. « I called you by your name », il l’a dit, il a suffit qu’il le dise. Il a soupiré dans un frisson en écrivant « Walt Withman ». Il l’a fait pour nous tous.

Il manque de courage. Par il je veux dire moi.

Dire les choses comme elles sont ? Ok.

Ma mémoire est parfaitement fonctionnelle en ce qu’elle brouille ce dont je ne veux pas me rappeler. Il y a des trous dans mon histoire. Je ne veux même pas qu’on les remplisse.

J’ai peur d’aller à la fac demain. Oui, peur. Comme le gosse que j’étais quand il s’agissait de l’école. Failli envoyer un message à cette personne que j’adore pour lui demander de parler. De dire n’importe quoi, de ne juste pas me laisser seule. Je n’ai pas osé. Il est trop tôt. J’ai peur d’elle. De la perdre. De la décevoir. Je vis pour elle tu sais ? Je ne sais pas dire son nom. C’est à elle que je pense quand je m’attendris devant une lettre de Stoker. C’est à elle que je pense quand je lis Cioran parler de Beckett. Je tremble. Je tremble. Je tremble ! Tellement fort. Tenez-moi bien. Je veux qu’on m’assome.

Je ne sais plus faire de musique avec les mots, j’ai peur, je me sens seule.

Je ne finirai pas cette article avec une chute ou une jolie phrase, ou un presque-note de musique.

Parce qu’il n’y a pas de ça dans mon cerveau en manque, ça ne s’arrête jamais. Les phrases sont interminables et je parle toute seule, je dis tu à moi que je décline en mille fragments d’identité. Je est un mythe, Je se cherche. J’ai honte de ne pas savoir me faire taire, de ne pas savoir parler non-plus.

J’ai honte.

 

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Interférences

Crier le vide, résonner
Est-ce que l’écho supplie aussi pour la réciprocité des mots ?
Est-ce que le langage n’est que cela une fois passé la barrière de nos oreilles ?
Une supplication muette, l’attente d’un reflet
Un monologue parmi d’autres
Interférences

Temps passant comme une lame, une corde grince
M’incliner, le poids du manque accroché au bout des bras
Je ne sais plus si je suis pendue ou noyée
Te tromper de lettre
Et j’épelle le seul mot qui compte
Recommencer

La phrase oubliée, frustration à l’écriture
Tourner en rond autour du sens,
Orbiter, attendre l’effondrement de l’univers
l’inspiration, que la vie me heurte
mais mon vide est plein d’un vertige
Tu sais lequel

À quoi bon prétendre que c’est la première fois que nous jouons
À coller des attentes à nos images
À fuir lorsqu’elles se révoltent
S’arrachent du cadre
Tu peux m’imaginer d’aussi près que ton regard tombe
Je suis plus seule que tu ne pourras jamais le deviner

La sentence aux yeux fermés


Écrit il y a 6 mois, je publie tel quel (juste remplacé « je suis plus vile » par « je suis plus seule ») . J’avais complètement oublié ce texte, je ne le reconnais même pas. Je n’écris plus, ça me manque. Je vais mal, apparemment pas assez. Je ne sais pas.

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Humeur(s)

I missed her

Whites noises and

Black dogs and

Everything falling to pieces

Perhaps falling into place

I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay I’m not I’m not I’m not okay not okay not okay I’m not okay I’m not okay I’m not okay

Et je peux du moins la croire à elle, à la dépression, puisqu’elle ne m’a laissé personne d’autre. Ils mentent. Je sais qu’ils mentent, je sais. Je vois. Ou alors ils ne le font pas, peut-être que c’est elle qui chuchote, non. Ils mentent. Et tout ne va pas bien, et les tentatives de récomfort sont vides, vides. Parce que le monde veut mais ne sait pas s’en faire. Et peut-être que c’est moi, que je mens, c’est vrai que je mens. Peut-être que c’est moi qui ne veux pas, qui ne veux pas vouloir, qui ne veux pas s’en faire. Non je ne veux plus, je ne veux pas. Je suis la mauvaise personne que j’ai peur de trouver chez les autres, c’est moi, c’est moi, c’est moi et je vais mal. Je ne vais pas bien. Je ne vais pas bien. Je ne vais pas bien et on s’en fout, on s’en fout, on s’en fout. Elle ment la dépression, elle ment, elle ment, peut-être pas et pourquoi elle mentirait au lieu de me rendre lucide. Je ne veux pas te regarder dans les yeux je ne peux pas je ne peux plus je ne veux pas je n’ai plus le courage. Parce que je ne sais pas lire, parce que tu mens, tu ne fais que ça, que sait-on faire d’autre ? Tu mens. C’est moi. Je n’en sais rien. Je n’en peux plus.

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